Après trois reports successifs, la cérémonie de passation de services entre le CPG (Comité Provisoire de Gestion) et le bureau exécutif réhabilité de la FTF (Fédération Togolaise Football) a enfin eu lieu hier au siège de cette instance. Même si certains membres du bureau (dont Gabriel Améyi absent du pays) n’étaient pas présents au rendez-vous, tout porte à croire que cette réinstallation du BE ouvre le ban pour la deuxième mi-temps du mandat des élus du 09 janvier 2007.
« C’est l’heure de l’exécution de la décision de la FIFA (Fédération Internationale de Football Association) », c’est en ces termes que le patron du CPG, Bernard Edjaïdè Walla, a ouvert la cérémonie. Sur cette même lancée, il a essayé de faire un bilan du passage de son équipe à la tête de la FTF qu’il a trouvé satisfaisant dans la mesure où l’avant-projet de textes qu’ils ont eu à élaborer, a été qualifié de « travail de haut niveau » par la FIFA.
A sa suite, les acteurs du sport roi au Togo ont suivi la relecture des grandes décisions arrêtées par la FIFA et la délégation gouvernementale qui s’est rendue au siège de l’instance mondiale à Zürich en Suisse, le 12 mars dernier.
Quant au ministre d’Etat, ministre de l’Administration Territoriale, Pascal Akoussouloulè Bodjona, il a, en sa qualité de président du groupe d’accompagnement de la FTF, réitéré l’engagement du gouvernement aux côtés du BE de la FTF afin de ramener la sérénité au sein de la famille du football togolais. Toutefois, a averti le ministre Bodjona: « si vos actions seront toujours de nature à jeter du discrédit sur le football togolais et partant, le Togo tout entier, nous allons prendre le devant des choses pour défendre les 5 millions de Togolais silencieux ».
Il a pour finir appelé Tata Avléssi et ses collaborateurs à travailler dans « une franche collaboration sans esprit de revanche ».
Cette première partie des discours passée, la cérémonie de passation de service proprement dite s’est résumée à la transmission du rapport financier, des textes organiques, des dossiers contentieux entre le CPG et le bureau réhabilité.
Pour définir les orientations de ce nouveau départ, le président de la FTF, Tata Avléssi, a informé l’assistance de la tenue d’une rencontre extraordinaire entre les membres du BE de la FTF dans les prochains jours.
Les nouveaux chantiers de la FTF
Parmi les chantiers qui attendent le bureau réhabilité de la FTF, il y a la mise en place d’un comité de gestion de la sélection nationale du Togo ; la recomposition de l’équipe nationale et du staff technique des Eperviers ; la préparation des matches des éliminatoires jumelées de la CAN (Coupe d’Afrique des Nations) et du Mondial 2010 ; le programme de soutien aux clubs togolais qui disputent les coupes africaines ; le lancement de la nouvelle saison sportive 2008 et la reprise des chantiers de construction des sièges des ligues de football de l’intérieur du pays.
Gabriel Améyi, le grand absent
Le vice-président de la Fédération Togolaise de Football (FTF), Gabriel Améyi n’a pas assisté hier aux cérémonies de passage de services entre le Comité Provisoire de Gestion de la FTF et le Bureau Exécutif réhabilité de cette instance. Cette absence a attiré l’attention de plusieurs observateurs. Selon certaines sources, ce dernier serait absent du pays pour des raisons de santé. « Depuis la semaine dernière, M. Améyi est à l’extérieur du pays pour des raisons de santé », déclare une proche du premier vice-président de la FTF.
Vrai ou faux, cet argument ne semble pas convaincre des analystes qui parlent plutôt d’un boycott. Ceux-ci évoquent pour preuves, le fait que le vice-président n’aurait pas apprécié la récente lettre de Tata Avléssi les invitant à une cérémonie de passation du service. C’était à la veille du match amical Togo-Guinée du mardi 25 mars dernier à Paris (France).
Loin de vouloir mettre de l’huile sur le feu, et voir dans l’absence de Gabriel Améyi le point de départ d’une nouvelle crise de personnes entre les membres de la FTF, certains observateurs espèrent qu’il rejoindra ses amis du bureau dès qu’il se sera rétabli.
Par ailleurs, son absence à la cérémonie inaugurale de la seconde session parlementaire ce même jour, a un temps soit peu calmé les esprits qui pensaient déjà à un remake de l’incident du 9 janvier 2007 où il avait refusé de serrer les mains de Tata qui venait alors d’être élu.
Gabin Koissidjin
A la cérémonie de installation du BE de L’officier Bamazi menace un journaliste de la Radio Fréquence 1
La cérémonie de passation de services, entre le CPG (Comité Provisoire de Gestion) et le bureau réhabilité de la FTF (Fédération Togolaise de Football), a connu un incident regrettable entre agents des forces de l’ordre et journalistes. Un incident né de la malencontreuse initiative prise par le manager de la FTF, Zepp Kouété, de vider la salle de l’audience des journalistes présents à cette cérémonie en grand nombre, en faisant appel à des agents de la brigade anti-émeute, présents sur les lieux. S’en suivront alors bousculade et intimidation.
La cinquantaine de journalistes, tous médias confondus qui avait déjà investi la salle une trentaine de minutes plus tôt, a alors refusé de vider la salle. Ce qui amènera les officiels de la FTF à revenir sur leur décision et à demander aux forces de l’ordre de se replier pour permettre à la cérémonie de passation de service, de pouvoir enfin démarrer.
L’incident a d’ailleurs été vite oublié par les nombreux officiels, délégués, invités et journalistes présents à la cérémonie qui s’est déroulée en bonne sérénité entre les différents acteurs et à la satisfaction de tous.
Mais, c’était sans compter avec l’esprit revanchard de nos forces de l’ordre, présents sur les lieux et qui, une fois retournés à leur poste, n’attendaient que l’occasion propice pour faire comprendre, à leur façon, aux journalistes récalcitrants, leur conception de l’ordre.
Ils attendront donc patiemment à la fin de la cérémonie, la sortie des participants et le départ des officiels pour s’en prendre à un de nos collègues, Eric Gato, journaliste à radio « Fréquence 1 et TV7 ».
Ce dernier sera interpellé et séquestré pendant une trentaine de minutes, sous le chaud soleil, alors qu’il quittait les lieux en compagnie d’un de ses collègues qui l’avait remorqué. Pour ses bourreaux, il se serait montré « impoli, récalcitrant, irrévérencieux à leur endroit » ; ce qui justifiait bien ce juste châtiment et qui nécessitait le déplacement du commissaire Bamazi en personne, en total symbiose avec ses agents. Et le comble, c’est que ce haut gradé de la Police togolaise qui se targuait lui-même de ses « 18 ans de bons et loyaux services » au bénéficie de la nation, a déversé tout le mépris et toute la haine qu’il avait pour la corporation sur le pauvre confrère, en l’injuriant et en proférant à son endroit toute sorte de menaces contre son intégrité physique, aujourd’hui ou demain. Des menaces que prennent très au sérieux, les nombreux journalistes accourus à la rescousse d’Eric Gato et présents sur le lieu du calvaire de leur collègue.
L’officier a soutenu ses menaces par le fait que le journaliste aurait lancé « des mots sales » à son endroit, lors de la bousculade précitée. Une version démentie par le confrère qui reconnaît, néanmoins, « avoir refusé, tout comme les autres confrères, de sortir de la salle qui a abrité cette cérémonie».
Allant encore plus loin, le journaliste a analysé cette menace ciblée comme une sorte d’indexation de sa personne, dans la mesure où il dit n’avoir même pas aperçu le commissaire Bamazi, lors de la brouille entre policiers et journalistes. Une analyse qui, selon certains confrères, peut être justifiée par la nature des menaces.
Même si les responsables de l’AJST (Association des Journalistes Sportifs du Togo) et de l’UJIT (Union des Journalistes Indépendants du Togo) ont déjà pris la mesure de ces menaces en diligentant une démarche auprès de la brigade anti-émeute, il y a lieu de se demander si le personnel de la FTF n’a pas failli à sa responsabilité en faisant introduire dans la salle d’audience des agents de la brigade anti-émeute.
Interrogé sur la portée des menaces proférées à l’encontre de son employé dont tous les journalistes sportifs saluent le professionnalisme et l’exemplarité, le Directeur de Radio Fréquence 1 a été sans détours : « Cet incident illustre bien les rapports toujours conflictuels qu’entretiennent les journalistes et les forces de l’ordre ; nous tenons pour responsables la FTF et le commissaire Bamazi de tout ce qui pourrait arriver à notre journaliste, que ce soit aujourd’hui ou demai.n»
Un incident qui nous amène à nous poser des questions sur la compréhension réelle que les uns et les autres ont du métier du journalisme et de l’état réel de la protection de la liberté d’expression et de collecte d’informations au Togo.
togoforum